19 octobre 2013

PIF 1 - SAISON 2

Rencontrer des gens c'est bien. Mais se quitter sans avoir joué, c'est un peu frustrant.

Se raconter des histoires épiques de l'ancien temps, c'est bien. Mais créer des nouveaux souvenirs, c'est mieux


Caron est de passage sur Paris et sa mission est de faire une vraie PIF avec un vrai scénar et des vrais joueurs !

(oui, je parle de moi à la troisième personne, ça pose un problème à quelqu'un ?)


Ont répondu présents :


Krys (Qui a eut plein d'idée pour son perso... mais après... :op)

Morrigane (Qui n'a pas dormit mais ce n'est pas étonnant : vous avez déjà essayé de dormir en accordant un piano ? :op)

PGP (Fidèle au poste, juste un peu freinée dans son élan par une hémophilie impromptue :op)

ETN (Inscrit au dernier moment... mais ça aurait été vraiment dommage de le rater... :op)

Tandyys (Arrivé plus tard que prévu mais moins tard que craint alors, au final, juste au moment de passer à table, comme d'hab' :op)


Ca faisait vraiment longtemps... et il fallait faire ça proprement. A la demande de Bartab : LES PHOTOS

Pour le compte rendu, j'ai hésité à mettre un lien... et puis en fait c'est plus simple de tout coller là :op

Pour information, il s'agissait d'un scénario cthulien avec des règles maisons destinées à un cross-over René / Marvel... (avec le recul, ça faisait un peu trop de mélanges... :op)


Bonne lecture :


Un soleil pâle et froid se lève sur Villetaneuse.

C'est l'automne.

Devant la petite maison de retraite sans âme aux murs gris et aux stores défraîchis, cinq personnes soupirent.

Mamadou Dupré (Tandyys) porte beau. Sa veste marron sur un pull à motifs anglais est la preuve d'un goût sûr quoique relativement suranné. Présentateur télé de son état, son visage est d'abord apparut sur le petit écran dans des émissions culinaires avant qu'il ne trouve réellement sa voie : le journalisme d'investigation. Même s'il végète pour l'instant dans la narration de crimes sans envergures et de faits divers sordides, il croit profondément en ce qu'il fait. D'ailleurs, il écrit durant ses temps libres des romans d'espionnage et des polars inspirés de faits réels.

S’arrêter à cette courte description serait trompeur : Mamadou est un être complexe et.secret.

Tout d'abord, c'est un alcoolique luttant contre ses pulsions d'autant plus vigoureusement que la consommation d'alcool est strictement interdite par sa religion. Malheureusement, la chair est faible, sa volonté vacillante et il se trouve toujours de bonnes excuses pour s'adonner à son coupable penchant.

Plus déconcertant, il est intimement persuadé de pouvoir imiter n'importe quel accent. Cela prête rarement à conséquence mais est parfois à l'origine de profonds moments de solitudes.

il dissimule enfin la capacité étonnante de pouvoir digérer absolument n'importe quoi. Ce pouvoir, à la limite du surnaturelle n'est pas particulièrement utile mais se trouve être, contre toute attente, la raison de sa présence en ces lieux.

En effet, il a été contacté récemment par un certain Ignace, qui se faisait appeler "Le Chihuahua" (en raison de son flair parait-il) et utilisait son pouvoir de sentir les capacités des autres pour constituer une équipe de justiciers pour lutter contre le crime.

Compte tenu de son propre pouvoir, Mamadou ne se sentait pas particulièrement légitime pour faire partie d'une telle organisation mais son attirance pour les mystères et l'espoir de participer, de l'intérieur, à l'élucidation d'un crime, à l'arrestation de son auteur, lui firent accepter cette étrange proposition.

Il se retrouva donc embarqué dans cette étrange aventure avec d'étranges compagnons.

Oui, "étrange" était sans conteste le terme qui lui venait à l'esprit lorsqu'il observait les individus qui l'entouraient et dont il ne savait presque rien.

D'ailleurs, la curiosité le rongeait et il rêvait de découvrir quels pouvoirs extraordinaires pouvaient maîtriser ces super-héros modernes.

La réalité n'était malheureusement pas à la hauteur de ses illusions.

Son voisin le plus proche par exemple, est frère André-Jean de Chateauxthierry (ETN), un moine exclu de son ordre à cause de sa fascination pour l'occultisme. Il partage avec Mamadou un goût immodéré pour le vin, qu'il qualifie sobrement, c'est le terme, d'"œunologie dans sa forme quantitative". Ce sont peut être les délires obsessionnels fréquents lors de ses comas éthyliques qui sont à l'origine de sa phobie des insectes, réels ou imaginaires.

Il a en outre un autre penchant coupable, quoique moins destructeur, pour les romans à l'eau de rose en général, et la collection Arlequin en particulier.

S'il possède un réel pouvoir, celui de voler, il hésite à le mettre en avant car celui-ci ne fonctionne qu'à deux centimètres du sol et à la vitesse de la marche lente. Il en est d'autant plus frustré qu'il rumine le secret espoir de devenir chef du groupe depuis la disparition du Chihuahua.

Un petit crachin commence à tomber et instinctivement, chacun rentre la tête dans les épaules, même ceux qui disposent d'un parapluie.

Le Chihuahua est mort.

Ils ne le connaissaient pas de puis longtemps mais ça fait quand même quelque chose.

En plus, c'est tout de même une mort idiote...

Alors qu'il cherchait un nouveau membre à recruter, il avait "sentit" un homme capable d'exploser lorsqu'il disait "Nipeng".Comment l'avait-il sut ? Personne ne pouvait le dire, nul ne comprenait vraiment comment marchait ces pouvoirs. C'est aussi pour ça qu'il insistait pour accepter dans le groupe des personnes aux pouvoirs insignifiants. Pour lui, un pouvoir était une étincelle qu'il était possible d'attiser, de nourrir, de contrôler et il défendait l'idée qu'il était possible de faire évoluer son pouvoir, que ce n'était qu'une question de temps et de concentration, d'implication et de volonté.

En attendant, l'homme, incrédule, avait dit "Nipeng"... et il avait explosé, entraînant dans sa mort le Chihuahua, son pouvoir et son utopie.


Mais, après tout, son utopie était-elle vraiment morte ?

Au fond, il voulait juste que des individus mettent leurs talents particuliers au service de la communauté... et pour certaines personnes, cet idéal n'avait rien d'utopique.

Sarah Toujours (PGP) était de celles-là. Gardienne de la paix, elle avait dévouée sa vie aux autres malgré une constitution fragile. En effet, hémophile, elle avait dû faire une croix sur les interventions sur le terrain et avait toujours été cantonnée aux tâches administratives.

C'est sans doute pour ça que le Chihuahua n'avait pas eu de mal à la convaincre. Son pouvoir n'est sans doute pas très puissant, elle est capable d'émettre un faisceau lumineux par un de ses doigts au choix, même pas suffisant pour éblouir quelqu'un, mais elle possède un atout rare : sa foi en la justice.

Ceci dit, elle n'est pas exempte de certains défauts. Par exemple, elle n'assume pas complètement cette étrange capacité, aussi futile soit-elle et elle a développée, sans doute pour se protéger, une légère schizophrénie : en fait, elle est intimement persuadée que la femme qui travaille au commissariat et celle qui peut faire jaillir de la lumière de ses doigts sont deux personnes différentes.

Elle ne retrouve sa paix intérieure qu'en pratiquant son activité favorite, le jardinage.

Elle a aussi l'esprit de famille et, récemment, elle s'est mise dans la tête de faire sponsoriser le groupe par la boucherie de son beau frère qui propose de les rémunérer cent euros par mois et le double pour chaque passage à la télévision. S'ils deviennent célèbres, ces tarifs sont bien sûr susceptibles d'évoluer.

A cet effet, elle a d'ors et déjà préparée des T-shirt pour elle et ses compagnons : "Bartabo, le roi du jambonneau".

La question c'est : faut il prévoir un T-shirt pour "La Chouette" ?


"La Chouette" était le bras droit du Chihuahua, sa conseillère. Il s'agissait d'une vieille dame capable de voir l'avenir au moyen de flashs.

Par le passé elle a été capable de prévoir la crise des subprimes, le vainqueur de secret story 3 et, de temps en temps un crime. Malheureusement, elle n'avait jamais assez de détail pour identifier ni la victime ni le coupable et, son impuissance à empêcher quoi que ce soit, l'avait rendu profondément dépressive.

C'est elle qu'ils venaient voir aujourd'hui, pour savoir quelle suite donner à leur mouvement.

Pour l'instant ils n'avaient fait que quelques réunions, quelques patrouilles sans conséquences et à la réussite toute relative. Leur groupe n'avait encore rien accompli en tant que tel et la disparition de leur chef était un coup dur qui frappait trop tôt une structure à peine ébauchée.


Cette absence d'action pesait particulièrement sur Raoul Lapoigne (Krys). C'était un être simple, d'aucun diraient même, primaire. Vendeur de glaces de son état, il circulait dans une petite fourgonnette sobrement appelée "les boules à Raoul". Lorsqu'il ne parcourait pas la ville en tentant de vendre ses glaces à la viande, il travaillait au noir à l'abattoir, comme équarrisseur. C'est là qu'il se fournissait en matière première pour ses recettes glacées toutes personnelles et qu'il s’entraînait nuitamment pour devenir un jour un véritable artiste martiale. Complexé par sa petite taille, il déchaînait sa rage destructrice sur les carcasses sanguinolentes qui pendaient du plafond et pratiquait sans relâche pour atteindre la perfection. Ses talents lui servaient essentiellement à punir ceux qui touchaient à sa fourgonnette, qu'il couvait avec une maniaquerie à la limite de la pathologie.

La seule chose qui lui tenait plus à cœur, et encore, était de mettre la main sur Zapman, un "super-vilain" dont le seul pouvoir était de changer à distance les chaînes de télévision mais qui l'avait utilisé avec un tel zèle et une telle volonté de nuire qu'il s'était aliéné tout un quartier.

Ayant depuis peu disparu de la circulation et n'ayant jamais été démasqué, il sera difficile de l'appréhender, d'autant que Raoul ne pourra pas vraiment compter sur son propre pouvoir : s'il est capable d’arrêter le temps durant une minute par heure, il n'est pas épargné et se voit, lui aussi, piégé dans ce "gel" temporel. Cela peut, à la rigueur, lui permettre de prendre le temps de la réflexion dans une situation un peu complexe mais la réflexion n'a jamais été son fort.

En fait, ce qui choque sans doute le plus pour cet homme souvent définit par le terme "fruste", et c'est un euphémisme, c'est son adoration sans borne pour le groupe suédois Abba.

L'ambiance musicale de son outil de travail est, de ce fait, parfois surprenante au regard de son physique et de son menu ou la glace aux rillettes avoisine le sorbet à la cervelle.

"Ad nauseam" comme dit parfois frère André Jean avec un air étrange.


Quatorze heure...

Encore dix minutes et ils pourront rentrer.

Le personnel de la maison de retraite de plaisante pas avec les horaires de visite et ils ne sont même pas autorisés à patienter à l'intérieur.

Pourtant il n'y a pas foule.

En fait, il n'y a qu'eux.

Ils sont cinq, le petit groupe étant complété par Gaétan De Laluire (Morrigane), accordeur de piano de son état et poète contrarié. Dans l'absolu, personne ne l’empêche de pratiquer son art, mais, généralement, personne ne se rend compte qu'il faiit de la poésie ce qui est, pour le moins, vexant. Pour occuper son temps libre, il bricole et conduit de petites caisses à savon.

Apparemment sans histoire, il posséde en outre le pouvoir le moins spectaculaire du monde : celui de résister à tous les pouvoirs : par définition, il ne peut rien se passer de surnaturel en sa présence. En fait, il est même possible de se demande s'il a vraiment un pouvoir quelconque puisque. Normalement, le Chihuahua n'aurait même pas du être capable de le détecter et on peut se demander s'il a vraiment le moindre pouvoir...

Par contre, son caractère, lui, sort de l'ordinaire et, en particulier, il faut en permanence qu'il ait le dernier mot, ce qui peut être parfois stressant.

Dernièrement, il s'est mis en tête de changer le nom du groupe pour en trouver un plus en adéquation avec son caractère et sa sensibilité, en un mot : en trouver un plus à son goût.

Il faut préciser que le Chihuahua avait choisit "Les Supers Troupiers" à partir d'une proposition de Raoul, "Super Trooper" étant une chanson d'Abba, qu'il avait revisité en fonction de son goût immodéré pour les comiques troupiers et l'humour de caserne.


La porte s'ouvre.


Ils quittent sans regret le trottoir où la pluie tombe maintenant drue et pénétrent dans le home, aussitôt assaillis par une entêtante odeur d'éther.

"La Chouette" est, comme d'habitude, alitée.

Par contre, elle semble passablement agitée. Elle parle d'une voix plus forte, plus inspirée que d'ordinaire, comme si ses visions étaient plus vivantes, plus intenses :

"Ces derniers temps tous les flashs sont liés au même événement, ils semblent se rejoindre."

La conversation est difficile : "La Chouette" est presque sourde et son manque de clarté est exacerbé par sa tension nerveuse.

"Une créature énorme arrive, je ne la vois pas en entier mais je la devine. Elle est gigantesque, monstrueuse, difforme, elle sue la mort et elle arrive..."

Instinctivement, Frère André-Jean se tourne vers la fenêtre. En face de lui, un pigeon se rapproche à grande vitesse, ailes déployées. Il pousse un hurlement et sort de la pièce en courant.

Imperturbable, perdue dans ses pensées embrouillées, la vieille femme continue :

"Ensuite, je vois quelqu'un qui creuse, qui remue une terre noire, huileuse. La terre brûle et le monstre l'appelle."

Pour Gaétan, il s'agit de pétrole et Mamadou approuve. Mais, "La Chouette" poursuit :

"Je vois aussi un objet étrange, presque démoniaque, tellement tranchant qu'il peut déchirer la réalité."

Gaetan s'enquière de la forme de l'objet mais la communication est difficile :

"Tranchant j'ai dit !"

Le Frère André-Jean, encore secoué, réapparaît :

"J'ai eu peur du pigeon..."

Malgré l'absence totale d'intérêt qu'il déclenche, il poursuit :

"Mes compétences en zoologie ne sont pas très bonnes et je l'avais pris pour autre chose",

Les autres gardent les yeux rivés sur la forme pâle allongée dans le lit :

"Enfin, je vois un homme, toujours le même, il porte une chemise blanche avec son nom dessus et il n'a pas de bras... il rit comme un dément..."

Pour la première fois ils l'interrompent. Son discours se fait plus fouillis, sa voix se casse, ses forces l'abandonne...

"Le nom, quel est le nom ?"

"Il y a un A... c'est A. Profion..."

Epuisée, elle se tait et ses muscles se relâchent soudainement. Elle semble tout à coup encore plus fragile, comme éteinte.


Frère André-Jean prend immédiatement la parole, exhortant ses compagnons à agir, à s'élever contre cette créature et, derrière lui et sous ses ordres, à sauver le monde pour la plus grande gloire de Dieu...


Si le début de sa tirade avait été accueillit avec un certain enthousiasme, son auditoire marqua rapidement sa désapprobation pour finir dans un brouhaha carrément hostile.

La voix de Sarah surmonta le tumulte :

"Quel dieu ?"

"Ben, tous !"

"C'est une remarque étonnante pour un monothéiste !"

Sentant le vent de la révolte se lever, Frère André-Jean changea son fusil d'épaule et leur proposa de discuter de tout cela autour d'un verre, dans un bar.

La motion fut acceptée à l'unanimité et ils quittèrent la chambre de la vieille femme endormie.


Tandis que Frère André-Jean et Mamadou se jettent sur leurs verres, Gaétan déclare qu'il va rechercher des zones avec de la terre meuble dans la région.

Sarah préfère passer immédiatement un coup de fil au commissariat pour chercher la trace éventuelle d'un individu sans bras avec un casier judiciaire... Bizarrement, sa requête ne débouche que sur quelques remarques ironiques.


Une fois désaltéré, Mamadou fait profiter ses compagnons de ses lumières : pour lui, la chemise blanche est une camisole de force qui s'attache dans le dos, ce qui explique que l'on ne voit pas les bras.

Gaétan décide alors de prendre des renseignements sur les hôpitaux psychiatriques de la région.

Ils se séparent alors pour poursuivre leurs enquêtes respectives, se tenant au courant de leurs avancées mutuelles.

"In vino Veritas" comme dirait Frère André-Jean.

En effet, ce sont les deux adeptes de Dionysos qui trouvent les informations les plus intéressantes.

Mamadou, en se plongeant dans les archives de plusieurs journaux, découvre que le professeur Ademar Profion est un célèbre archéologue spécialisé dans les premières civilisations qui a pété un plomb durant une conférence sur la date réelle des premiers peuplements sur terre. Il est partie dans des élucubrations sur des extra terrestres qui auraient tué son fils, ce qui a fait un scandale.


De son coté, Frère André-Jean a trouvé plusieurs références au professeur dans des textes sur l'origine des pierres levées, aucune citation directes mais plusieurs références laissant entendre qu'il défendait des positions peu académiques sur les mégalithes bretons.

Il propose donc à Sarah de l'accompagner en Bretagne pour aller enquêter avec un cubi sous le bras.

Devant son enthousiasme modéré, il décide de commencer par une mise en condition au chouchenn et il finit en cellule de dégrisement pour avoir couru nu dans la rue, les forces de l'ordre ayant refusé de comprendre qu'il était en train de faire un "voyage astrale" vers le pays des menhirs.


Lorsqu'il sort deux jours plus tard, il a attrapé une bronchite carabiné et décide de se soigner à l'aide de grogs bien chargés.

Sarah lui propose des "herbes médicinales" qui n'arrangent pas nécessairement son état mais ont au moins le mérite de le faire tenir tranquille.

Entre-temps, en effet, ses camarades ont découvert, en particulier grâce au journaliste qui avait écrit l'article, que le professeur avait été envoyé en maison de repos et que, si Sataruc, son fils avait disparu, le professeur avait aussi une fille, Sélène, qui avait le bon goût d'être dans l'annuaire.

Ils décident donc d'aller la voir mais Frère André-Jean signale tout de même que Sataruc est le nom d'un démon du troisième cercle.

Lorsque Gaétan lui demande comment on peut vaincre un démon, c'est Mamadou qui répond :

"Un démon on essaye pas de le vaincre, on court !"

De son coté, Raoul a commandé sur Amazon les livres du papa. Malheureusement, il n'y a pas d'images.


La petite troupe se retrouve donc devant la porte d'un appartement sans charme, à l'image de la locataire.

Grande, élancée, mais à la mine peu engageante, la femme qui leur ouvre les toise avec un certain mépris. Il faut reconnaître qu'ils forment une ensemble étrange et peu harmonieux.

Immédiatement, Mamadou prend la parole et, prenant prétexte d'une émission télévisée, commence à l'interroger sur son père, remarquant au passage que la pièce est remplie de coupes et de médailles. Visiblement leur hôte est une gymnaste accomplie.

Malheureusement, Gaétan remarque un piano droit contre un mur :

"Je vois que vous êtes mélomane... justement je suis accordeur de piano et nous sommes venus pour accorder votre piano !"

Il s’attelle à sa tâche, mais son intervention ruine leur couverture et Sélène Profion, prétextant un rendez vous imminent, les met dehors.

Gaétan tente d'avoir le dernier mot :

"Si vous avez le moindre renseignement..."

Il n'a pas le temps de finir sa phrase, la porte claque.


Heureusement, elle a eu le temps de leur dire que son père avait été interné dans la clinique du docteur Tamaire, dans la petite ville d'Ahrmak, en Bretagne.


Des recherches rapides permettent de constater que cette clinique n’apparaît dans aucun annuaire mais les investigations précédentes de Gaétan servent enfin à quelque chose : en appelant les établissements psychiatriques de la région, qu'il avait listé, il finit par tomber sur quelqu'un en mesure de lui fournir l'adresse de la clinique en question.


Pour la première fois, ils ont une vraie mission.

Pour la première fois ils ont vraiment enquêté.

Pour la première fois, ils ont une piste.

Pour la première fois ils peuvent vraiment changer les choses...


Frère André-Jean prend la parole :

"Notre devoir est de sauver le monde de cette terrible menace.."

Autour de lui, tous hochent la tête.

"Nous devons unir nos forces et connaître nos compétences cachées qui pourront nous être utiles..."

L'approbation est générale.

"Je vous propose donc : un bilan de compétence !"

Après un court silence, son auditoire pousse un profond soupire et part préparer ses bagages.

Ils embarquent tous dans la fourgonnette de Raoul et prennent la route pour les Côtes d'Armor, non loin de la petite ville d'Yffiniac


Si l'adresse de la clinique était un peu dure à trouver, sur place, ce n'est guère mieux : il n'y a pas de panneau, elle n’apparaît pas sur les cartes et même les GPS semblent connaître quelques difficultés dans le secteur.

Ils parviennent tout de même à destination et observent un moment ce qui leur fait face.

Située au bord de la mer, au ras de la falaise faudrait-il dire, la clinique est composée de deux bâtiments entourés d'un haut mur. Le premier semble assez accueillant et bien entretenu, le second dépasse à peine derrière une deuxième enceinte, surmontée, celle-là, de barbelés.


Le portail s'ouvre sur un gardien de petite taille plutôt de bonne composition qui les accueille avec le sourire.

Gaétan annonce immédiatement qu'il vient accorder le piano.

Il n'y a pas de piano...

Mais déjà Mamadou prend la parole et explique qu'ils sont venus examiner le Professeur Profion.

Après avoir expliqué qu'il ne peut pas vérifier car l'informatique ne fonctionne pas et il faudrait faire venir le responsable de Binic, il les laisse entrer :

"De toute façon, entrer, ce n'est pas un problème... ici, le problème c'est de ressortir..."

Il part alors dans un rire inquiétant.qui semble ne pas devoir finir, les laissant perplexe et quelque peu anxieux.

"Je plaisante..."

Il leur tourne le dos et les précède dans l'allée. Derrière eux, le portail se referme sans un bruit.

Il laisse sur sa droite ce qu'il qualifie de "maison de repose" et se dirige vers le bâtiment des "longs séjours".

Il ne donne pas plus de détail et, à son approche, la grille de la deuxième enceinte s'ouvre automatiquement.

Sarah remarque qu'il met à chaque fois la main à la poche et note mentalement l'information.


Une nouvelle porte s'ouvre devant eux. A part le gardien, ils n'ont toujours pas vu âme qui vive.

"Profion... il est au fond..."

Ils le suivent le long d'un couloir à l'éclairage blafard jusqu'à une porte qu'il déverrouille, révélant une cellule capitonnée. Au centre, empêtré dans une camisole de force, un individu moustachu les observe avec un regard brûlant. Grâce à la quatrième de couverture des livres commandés par Raoul, ils identifient aisément le professeur.

Par contre, lorsque le gardien leur demande d'entrer, ils se méfient et seul le frère André-Jean franchit le seuil.

Aussitôt, le prisonnier marche vers lui, se penche à son oreille et parle à voix basse :

"Je sais pourquoi vous êtes là, faites moi sortir je dirais tout : vous avez besoin de moi, s'ils trouvent la pelle, ce sera la fin du monde tel que nous le connaissons et, croyez moi, vous n'allez pas aimer le suivant...."

"Ce sera l'enfer ?"

"Et même plus loin..."

Frère André-Jean se retourne et fait clairement signe à ses acolytes de frapper le gardien.

Il est tellement peu discret que même leur guide comprend son intention, mais un instant trop tard : déjà, Gaétan a sorti une clef anglaise et Raoul a frappé.

Il a a peine touché le sol que Mamadou lui a pris sa casquette et que Sarah lui a vidé les poches, trouvant, entre autres, deux petites télécommandes.

Tandis que la jeune femme leur ouvre les portes, Mamadou tente d'imiter le gardien mais le résultat est peu probant, résonnant avec un étonnant accent québécois.


Une alarme assourdissante se déclenche et ils commencent à courir.

Les télécommande font leur office mais, à peine dehors, ils entendent des aboiements et voient arriver deux Chihuahuas et cinq dobermans.

Leur première idée est de tuer les petits chiens et de fuir pendant que les gros les mangent mais ils faut rapidement se rendre à l'évidence : les dobermans seront sur eux bien avant les ridicules petits canidés.


Les plus rapides fuient, tandis que Mamadou et Gaétan se réfugient dans un arbre.

Leurs compagnons viennent les rechercher avec la fourgonnette et ils se laissent tomber sur le toit.

Une fois dehors, Raoul s'aperçoit que trois dobermans ont franchis la grille derrière eux et leur collent au train. Il règle le problème d'une marche arrière un peu agressive mais particulièrement efficace.


Une fois à l'abri, le professeur se révèle un peu enflammé mais relativement lucide, surtout pour quelqu'un qui vient de passer cinq ans dans un établissement de ce genre.

Ils apprennent donc que son fils n'est pas mort mais a été enlevé. Plus intéressant, il leur indique qu'on trouve des dessins très ancien d'un artefact à la puissance inimaginable, arrachée à une créature d'un autre monde. Il permettrait de percer la barrière qui la sépare de son univers d'origine.

D'après d'anciens textes, il aurait été enfermé dans une pierre inconnue sur terre qui est indestructible mais se dissous dans le sang...un peu comme le marbre réagit au vinaigre.

S'ils sont venus c'est que le temps est venu...

Et si l'artefact est réapparu, il est facile de le retrouver :

"La pierre était quelque part en Bretagne, je l'ai cherchée durant des années mais, si quelqu'un l'a trouvée, il suffit de chercher les massacre récents et ils nous guideront directement vers la pelle."

Un silence se fait :

"Bon, vous pouvez m'enlever la camisole maintenant ?"

Levant les yeux, il fixe le ciel :

"La lune est rousse, c'est mauvais signe"

Sans attendre de réponse de ses interlocuteurs, un peu perplexes, il enchaîne :

"Lorsque vous aurez retrouvé la pelle, il vous faudra le sceau..."

La réaction est immédiate :

"Le seau ?"

"Oui, le sceau... si la créature a pu agir c'est que le sceau a été déplacé, pour l’empêcher de nuire il faut le remettre en place."


Un peu dépassé, nos héros retournent en ville et se procurent Ouest-France pour trouver si des "massacres" on été commis dans la région récemment.

Rapidement, il faut se rendre à l'évidence : il n'y a pas eu de tuerie mais deux événements peuvent tout de mettre correspondre à ce qu'ils recherchent.

Tout d'abord, la banque du sang de l’hôpital de Langueux a été dévalisée. L'article indique qu'on soupçonne des satanistes, des trafiquants espérant revendre leur butin à l'étranger ou des jeunes désœuvrés cherchant juste à vandaliser un bien publique.

Ils trouvent aussi une référence à une porcherie non loin de Guingamp dont toutes les bêtes ont été retrouvées exsangues, suscitant, sans surprise, les plus folles rumeurs sur d'éventuelles activités vampiriques dans la région.


Ils décident de commencer par la piste de l'hôpital et se rendent sur place.

Une fois de plus Mamadou prend les choses en mains et la seule d'évocation d'un éventuel passage télé suffit à faire d'une infirmière un peu nunuche une source de renseignement intarissable et de récupérer la carte que lui avait laissé l'inspecteur en charge de l'affaire.

Les assaillants étant sept, ils s'interrogent sur la valeur mystique de ce chiffre et quelqu'un propose même de vérifier qui est le dernier patient admis dans l'établissement. Mais ils abandonnent rapidement ces pistes.

Mamadou appelle alors le commissariat local en se faisant passer pour le Ministre de l'Intérieur, signalant qu'il prenait l'affaire en main et qu'il envoyait quelqu'un récupérer toutes les pièces du dossier.

C'est Sarah qui se rend sur place et, contre toute attente, leur plan se déroule sans accroc.

L'affaire est assez étonnante : les braqueurs ont le visage dissimulé mais portent des T-shirt moulant et s’arrêtent à plusieurs reprises pour prendre des poses devant les caméras, faisant ressortir leur puissante musculature.

Les policiers les ont rapidement identifiés comme étant les membres du seul club de bodybuilding local : "Biceps, triceps, cinq raisons de suer"

Ils avaient tous quitté leur domicile depuis deux jours sans laisser de traces mais, étant majeurs, aucune enquête n'avait été initié.

Ils n'étaient pas réapparus et leur entourage n'avait aucune idée de leurs éventuelles motivations.


Par contre, leur responsabilité était indéniable : leurs tatouages avaient facilement été identifiés sur les bandes de surveillance de l'hôpital et si la fouille de leur local d’entraînement n'avait rien donné, les autorités ne s'inquiétaient guère et ils prévoyaient de les retrouver dans les plus bref délais.


Le petit groupe décida tout de même de se rendre chez le président de l'association. Après tout, peut être les policiers étaient ils passer à coté de quelque chose.

L'individu appelait encore chez sa mère qui se révéla acariâtre et vindicative.


Frère André-Jean tente une approche un peu frontale et se fait jeter dehors, Gaétan et Mamadou subissent le même sort, Raoul n'essaye même pas et seule Sarah trouve grâce aux yeux du cerbère. Gaétan tente bien d'avoir le dernier mot en tapant la fenêtre mais elle ferme les rideaux.

Elle hurle même un "Alcooliques !" qui fait réagir Frère André-Jean :

"Vous m'avez appelé madame ?"


Une fois seule avec la policière, elle se calme un peu et, après une diatribe sur la muflerie et l'impolitesse, elle lui offre du thé.

Sarah apprend alors que la vieille femme n'a pas tout dit aux précédents enquêteurs...ils ont dû être bien reçus eux aussi...

En fait, son fils avait reçu un courrier l'invitant à un stage à la campagne.

"Je peux voir cette correspondance ?"

Agréablement surprise que son interlocutrice emploie à bon escient un mot de quatre syllabes, la vieille femme s'éloigne un instant et ramène une lettre manuscrite, sale et froissée. En termes peu choisis, un paysan du coin invite les membres du club à venir s’entraîner dans sa ferme, comme Rocky.


Sarah la remercie, finit son thé puis, après de nouvelles politesses, prend congé et rejoint ses camarades qui s'empressent de faire écrire quelques mots au professeur Profion pour comparer les écritures : officiellement il a passé les cinq dernières années dans une cellule capitonnée mais ils préfèrent ne prendre aucun risque.


Cette fois, ils tiennent une piste sérieuse, ils le sentent, ils le savent.

Ils se précipitent dans la fourgonnette et le moteur vrombit sur fond de "Dancing Queen".

Leur cible : la ferme du Père Mathieu, dit "le rougeau".


Ils quittent la nationale, puis la départementale pour s'engager dans un chemin de terre défoncé longeant un champ dévasté.

Alors que jusqu'à présent ils n'avaient circulé qu'entre des cultures bien entretenus, ils ne peuvent que remarquer l'état épouvantable de ce qu'ils observent à présent, bien plus proche du champ de tir que du jardin à la française.

Soudain, un claquement sec retentit et Raoul met un coup de volant : un pneu vient d'éclater.

Compte tenu du fait que le sentier qu'ils empruntent rappellent vaguement une tranchée de Verdun vers 1917 ce n'est guère étonnant, pourtant, Sarah s'accroupit et pousse un cri :

Il y a eut deux détonation : on nous a tiré dessus !

Au loin, ils distinguent une Mercedes aux vitres teintée qui disparaît dans un virage. Elle devait être dissimulée derrière des arbustes.

Sans perdre plus de temps, ils jaillissent de leur véhicule et Raoul soutient sert de cric pendant que Gaétan change la roue.

Dans le regard de Raoul une lueur mauvaise s'est allumée : on a abîmé sa fourgonnette.


Lorsqu'ils reprennent la route le terme "route" étant largement exagéré, ils suivent la direction prise par leurs agresseurs et s'arrêtent au premier lieu-dit, sur la place de l'église : les Mercedes noire avec des vitres teintées ne doivent pas être fréquentes dans les environs et la plupart rentrent se renseigner dans le seul commerce visible : le bar "Le Mistral".

Seul Gaétan et Frère André-Jean restent dehors, le premier cherchant des empreintes de pneu significatives, le second cherchant une grange où pourrait se dissimuler la Mercedes.


Dans le bistrot, les enquéteurs sont accueillit par le patron qui se présente comme "Claudio, dit Cloclo". Paradoxalement, il semble très disert, sauf quand il s'agit de répondre à leurs questions...

Ils apprennent ainsi qu'il a rebaptisé son bar pour attiré les jeunes, ce qui ne semble pas être une franche réussite et que, compte tenu de son surnom, il ne prend plus de bain depuis 1978 : trop dangereux...

Il semble par contre particulièrement distrait, toujours à regardé autour de lui et finit par élevé la voix, hurlant qu'on lui a piqué un os de gigot, que c'est la troisième fois cette semaine et que s'ils trouvent le responsable, il répondra à leurs questions.

Un peu perplexe, ils sortent et retrouvent Gaétan qui vient juste de voir passer un gros chien avec un os dans la gueule.

Ils remontent la rue et trouve un petit vieux assis sur un banc.

Lui aussi a vu le chien et il a reconnu celui de Tinede, de son vrai nom Tancrède, qui habite le manoir à la sortie du village.

Certains veulent s'y rendre mais Mamadou les ramène à la raison... et au bar, où le propriétaire semble tomber des nues lorsqu'il apprend la nouvelle :

"Quoi, vous voulez dire que le chien de Tinede à l'os ?"


Après un court silence, les compagnons ne sachant que dire, il reprend :

"Les gars en noir dont vous avez parlé ont loué la maison de la vielle Gerouec, à la sortie sud du village."


Après des remerciements rapides, ils remontent dans leur fourgonnette, récupèrent frère André-Jean et partent vers le sud... sur une centaine de mètres.

Mamadou prend la tête des opérations :

"On va entrer discrètement."

Raoul propose alors d'arrêter la musique. Il faut reconnaître qu'à force d'avoir du Abba dans les oreilles, plus personne n'y faisait attention.

Il coupe donc "Take a chance on me".et se gare pour qu'ils puissent finir à pieds.

Mamadou demande à Raoul de rester avec lui et de faire une diversion à l porte principale pendant que Gaétan et Sarah contourne la maison pour trouver une autre entrée. Frère André-Jean, préfère, lui, s’intéresser à une vaste remise attenante.


Lorsque le journaliste frappe à la porte, il n'obtient pas de réponse mais en jetant un œil par la fenêtre, il aperçoit une ombre se déplacer.

Il se remet donc à la porte et continue à taper, pour attirer l'attention.

De leur coté, Sarah et Gaétan trouve une petite porte. Sans se concerter, la première commence à crocheter la serrure, tandis le second entame le démontage des gonds.

Frère André-Jean a plus de chance : la remise est ouverte et il tombe, avec un grand sourire, sur la voiture qu'il recherchaient.

Elle est ouverte, les clefs sont dessus et le vide poche contient toute une série de cartes et de documents en anglais plein de graphiques et de de tableaux. Il ne comprend qu'un extrait de cadastre où un terrain est entouré en rouge, d'après les quelques noms qu'il reconnaît, ça doit être dans le coin.

Derrière la maison, les deux bricoleurs finissent exactement en même temps et, au lieu de s'ouvrir, la porte commence à basculer vers l'intérieur. Tentant d’arrêter la chute inexorable.Gaétan se jette en avant mais Sarah, que son hémophilie rendait prudente, se rejette en arrière et Gaétan, seul, manque de s'abîmer l'épaule.

Le lourd rectangle de bois s'écrase lourdement sur le sol dans un bruit de tonnerre.

A l'intérieur, c'est le chaos : deux hommes en costumes noirs et lunettes noires se retournent, le premier avec un spray de gaz lacrymogène dans la main, l'autre avec un pistolet, .tandis que Raoul et Mamadou font irruption par l'entrée principale.

Tout le monde se fixe, le temps semble suspendre son vol et, durant un court instant, le seul bruit est celui de Gaétan reposant délicatement la porte contre le mur.

Soudain, un moteur vrombit et la Mercedes passe devant la maison, tourne le coin et disparaît. Le premier a réagir est un des hommes en noir qui semble se décomposer :

"On nous pique la merco !"


Hilares, les compères déguerpissent et rejoignent rapidement la fourgonnette. Un peu plus loin, ils retrouvent la voiture noire que Frère André-Jean a garé sur le bas coté avec le mépris le plus total pour le bas de caisse.

Un petit crachin commence à tomber.


Au loin un grondement se rapproche et un hélicoptère surgit au dessus de la cime des arbre. Il ne porte pas de signe distinctif particulier et vient se poser dans le champ le plus proche, sous le regard curieux des cinq compères.

Le pilote porte un costume noir et des lunettes noires, deux hommes descendent : le premier porte lui aussi un costume noir et des lunettes noires, l'autre un costume beige bien taillé et des petites lunette ronde.

Sans surprise, c'est le second qui prend la parole :

"Bonjour, messieurs, maintenant que vous avez compris de quoi il s'agit, j'ai une bonne nouvelle pour vous : je suis autorisé à vous proposer 0,5 %."

Mamadou pouffe :

"0,5 ? Nous on tient facilement jusqu'à 0,8 !"

Frère André-Jean s'emporte :

"On veut 80 % !"


Leur interlocuteur semble interloqué :

"Vous n'avez pas lu les papiers ?"

"Si, mais on est un peu con..."

Il observe un instant Mamadou, qui vient de lui répondre puis fait demi-tour :

"Suivez-moi."

Faisant signe à l'homme qui l'accompagnait de rester au sol pour gagner de la place, il fait embarquer les cinq amis et en quelques instant, l'engin prend de l'altitude dans un vacarme assourdissant.

Vue du ciel, le champ du père Mathieu est encore plus facile à repérer : ce qui semblait être un terrain dévasté révèle un aspect bien plus troublant : un gigantesque pentacle a en effet été tracé dans la terre, sans doute à l'aide d'une herse et d'un tracteur et, dans chaque pointe, se trouve un signe cabalistique étrange.

L'ensemble dégage une aura particulièrement déplaisante mais les occupants de l'hélicoptère ne semblent pas réellement affectés.

Ainsi, ignorant totalement la présence de l'homme au costume beige, Mamadou s'adresse au frère André-Jean, hurlant pour couvrir le bruit de l'appareil :

"Y avait quoi dans la merco ?"

"Je sais pas, des cadastres..."

Mais leur hôte reprend la parole et les éclaire un peu :

"Je représente les pétroles Phurlemonde, la plus grosse société pétrolière familiale qui exploite plusieurs gisements en France. Il y a un gisement sur ce terrain, j'ai déjà envoyé trois personnes chez le propriétaire mais ils ne sont pas revenus. Si vous arrivez à le convaincre de vendre, vous aurez 0,5 % des bénéfices de l'extraction."


Ils redescendent songeurs et remontent dans la fourgonnette où ils retrouvent le professeur.

Ils n'ont même pas réfléchit à la proposition commerciale, ils ne pensent qu'au pentacle, à la pelle et au sceau.

Pour le professeur, il n'y a pas un instant à perdre, il est peut être même déjà trop tard.

La nuit tombe, la pluie s'intensifie...

En roulant, ils hésitent à se diriger vers la ferme mais optent finalement pour une solution plus radicale. Raoul braque le volant vers la droite, monte le son à fond et franchit la clôture : ils vont détruire le pentacle.

"Gimme, gimme, gimme a man after midnihgt...."

Les baffles éructent du Abba à plein volume, la fourgonnette cahote dans la terre détrempée comme un quad sur une piste de cross et les occupants s'accrochent comme ils peuvent pour ne pas être précipités à terre.

Dans la lumière des phares, ils distinguent des formes au milieu du champ et foncent dans cette direction. Soudain un choc violent les fait sursauter : quelque chose à heurté le véhicule. Un deuxième choc, puis un troisième... il se passe quelque chose dehors mais ils ne distingue rien à travers le rideau de pluie.

"Cette fois il va falloir que tu y ailles.."

"Je ne sais pas.."

"Si, si, ils ont besoin de toi..."

Ils se retournent vers Sarah qui apparaît très occupée... à parler toute seule.

Finalement, elle semble se convaincre elle-même et commence à monter sur le toit par l'échelle intérieur.

Mamadou la suit et la tient pour éviter qu'elle ne tombe du toit du véhicule brinquebalant.

Elle pointe alors le doigt vers le sol et un rayon de lumière jaillit, révélant des espèces de cochons sombres et difformes aux yeux rouges qui se jettent sous les roues et contre les parois avec une rage dévastatrice.

Devant ce spectacle, frère André-Jean murmure d'un air sombre :

"A bove ante, ab asino retro, a stulto undique caveto".

Devant eux, le petit groupe de personne se distingue maintenant plus clairement.

Un homme creuse le sol, à ses coté des forces de la nature l'entourent. Ils sont grands, larges et tournent vers la fourgonnette des yeux rougeoyant.

L'un deux lève un fusil de chasse et fait feu, criblant le radiateur de petit plomb et faisant éclater un phare.

Raoul pousse un hurlement et colle l'accélérateur au plancher.

Sur le toit, Sarah vise et tire, l'homme trésaille mais reste debout. A l'intérieur, Gaétan ouvre la porte latérale et jette son marteau vers le groupe, sans résultat probant.

Frère André-Jean sort une flasque et boit une longue lampée.

"Super Trooper" résonne... c'est un signe.

Raoul chante à tue-tête et fonce, plantant littéralement la fourgonnette dans le trou, percutant de plein fouet l'homme au fusil et écrasant sans pitié ceux qui se trouvaient au fond.

Le choc est terrible. Mamadou et Sarah sont projeté à plusieurs mètres et ne doivent leur survie qu'à la boue dans laquelle ils vont se planter, amortissant leur chute.

Frère André-Jean n'a pas cette chance : entre la boue et lui il y a le pare-brise.... le choc lui enfonce profondément sa flasque d'alcool dans la gorge et il doit sa survie qu'à un vomissement violent et spectaculaire qui a, au moins, le mérite de lui dégager les voix respiratoires. Gaétan, qui était penché à l'extérieur, a le souffle coupé par le montant de la porte et la bouche pleine de gadoue.

Raoul percute lui aussi le pare brise mais sa solide constitution lui permet de reprendre rapidement ses esprits. A l'arrière, le professeur Profion est à demi-conscient :

"Je vous l'avais dis... le sceau, remettez le sceau... un mégalithe..."

Les cochons mutants ont commencé à dévorer les corps des body-builders corrompus et se désintéressent des survivants.

Nos héros en profitent pour entamer les recherches sous une pluie devenue torrentielle.

Après s'être difficilement relevé, frère Anré-Jean s'approche de la porte ouverte en titubant et jette un regard sur les corps disloqués de leurs ennemis :

"Requesciat in pace".

Il s'élance alors le poing en avant. Contre toute attente, il flotte dans l'air et poursuit sur sa lancée, tel un oiseau. Un oiseau qui vole très bas et très lentement certes... mais comme un oiseau tout de même. La vision de cet individu flottant allongé à deux centimètres au dessus du sol est surréaliste, surtout qu'il avance à la vitesse de la marche lente... mais, au moins, il ne salit pas ses chaussures dans la boue.

Tandis que deux d'entre eux courent vers la ferme, les autres commencent à fouiller les environs.

et c'est à une faible distance de là, qu'ils tombent sur une espèce de petit menhir.

Raoul l'arrache à la boue et vient le remettre dans le trou.

La terre semble gronder un instant puis le silence se fait.

Autour d'eux, les cochons ont recommencé à fouiller la terre à la recherche de tubercules et, si la pluie n'a pas cessée, l’atmosphère est moins lourde. Sans qu'ils puissent dire comment, ils le savent : la menace est écartée...

Pour l'instant.

La fourgonnette a dévastée le pentacle, le sceau a retrouvé sa place... mais comment éviter que cela ne se reproduise ? Que faire de la pelle ? Comment désembourber la fourgonnette ? Les glaces à la viande supporteront-elles cette énième rupture de la chaîne du froid ?

Autant de réponses qu'ils faudra trouver, mais plus tard...

Pour l'instant, ils avaient bien mérité de fêter leur première victoire... et Mamadou et Frère André-Jean avaient déjà leur petite idée sur la façon de célébrer ça.

"Ite missa est"... sans oublier : "Acta est fabula"...




Les pistes non explorées :

Sataruc, le fils du professeur Profion a disparu un an avant que son père ne soit interné. Ce dernier est persuadé que son fils a été enlevé par des extra terrestres. En fait, il a juste quitté son père, qu'il trouvait cinglé et est maintenant lanceur de couteau dans un cirque itinérant.


Aller voir Tancrède, dit "Tinede", dans son "manoir", n'aurait rien apporté de particulier. Il est considéré comme le "châtelain" local mais sa famille n'a plus d'argent depuis longtemps et il vend des chauffe-eau solaires. Il n'était là que pour caser un jeu de mot foireux.


Enquêter sur les cochons exsangues aurait permis, d'une part de tomber sur la police rurale, qui n'aime pas les curieux et a déjà une piste : chupacabra. Il s'agit d'une créature mexicaine mais il a trouvé un paquet d'"old el paso" dans un fossé. Ensuite, cela aurait permis de rencontrer Antonin, dit Tintin et son chat blanc Minou. Il soupçonne son voisin, le Père Mathieu, vindicatif et toujours bourré, au point que dernièrement il n'était même plus capable de tracer un sillon droit.


En vrac :

La "pelle" est un artefact puissant, sans doute un ongle d'une créature d'un autre monde. Elle est extrêmement coupante et, si on se coupe, on est corrompu ("Corrompu Jean Pierre !")


Le pentacle est aussi très puissant et y pénétrer suffit à en subir les effets corrupteurs. Pour en faire cesser les effets, il suffit d'en perturber le motif de manière importante (avec une fourgonnette par exemple)


L'histoire :

Deux paysans voisins se disputent depuis des lustres.

Récemment le Père Mathieu, dit "le rougeau", a déplacé la borne qui délimite leurs terrains respectifs. Mais il s'agissait en fait d'une pierre levée située sur un profond courant tellurique qui tenait fermée une porte avec un autre monde. Une créature a alors pris contact avec lui et lui a imposée sa volonté.

Elle lui a fait tracer un pentacle et des signes cabalistique avec son tracteur pour agir plus facilement dans ce monde. Il s'est mis alors à tout corrompre : hommes, plantes et bétail.

Ensuite elle lui a ordonné de rassembler des cultistes.

Compte tenu de son intellect limité, le père Mathieu lui a ramené des culturistes.

Ils ont alors rassemblés du sang pour dissoudre la pierre qui contenait la "pelle" afin de creuser un passage physique pour l'autre monde.

Ce qui explique l'attaque de la porcherie mais, comme il s'est avéré que seul le sang humain fonctionnait, ils ont fait une descente à la banque du sang

Heureusement, nos héros ont déjoué ce plan innommable.


Que sont ils devenus :

Raoul, enthousiasmé par cet exploit, malgré les dégâts subis par sa Fourgonnette, s'est confectionné un costume de catcheur masqué en lycra moulant à pantalon patte d'éléphant et couvert de paillettes inspiré des meilleurs tenues de scène d'Abba ! Il ne désespère pas d'imposer un nouveau nom de groupe : ABBAtator, à mi-chemin entre ABBA et Abattoir.

Pour savoir ce que deviennent les autres... il faudra attendre la suite...


Oups :.

Caron : tu me jettes un dé ?

Tandyys lui lance un dé

Tandyys écope d'un flaw supplémentaire (alcoolique)


PGP crée un personnage avec le hobbie "jardinage" pour pouvoir utiliser la pelle de ktulu.(inutile de nier, j'ai vu clair dans ton jeu ! :op)


Aller voir les photos maintenant : C'est par là !


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